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LA CHRISTIANISATION, LE VIRUS QUI RONGE L’AFRIQUE?

Chapitre 1

LA COLONISATION, LE VIRUS QUI RONGE L’AFRIQUE ?

Les généralisations sur l’Afrique sont presque inevitablement fausses. Plus precisément, toute proposition générale – se prétendant vraie de tous les styles africains- est triviale ou fausse. Triviale, parce qu’elle n’enonce que des generalites vagues. Fausse, parce qu’on dispose maintenant d’assez de donnees pour y trouver toujours des exceptions, des cas qui infirment sa pretention a la generalite. » Bien que cette remarque soit pour l’art africain, elle est vraie pour toute autre chose concernant l’Afrique.[1] Anne de Margerie aura alors raison de citer l’adage africain qui dit : « L’Etranger ne voit que ce qu’il connait. » Ceci couple bien avec Andre Malraux qui dit dans L’Intemporel que « comme les requins sont précédés de leurs poissons-pilotes, notre regard est précédé d’un regard pilote, qui propose un sens à ce qu’il regarde…Nous nous croyons bien à tort de ce regard. »[2]  Ceci nous ramene aux avant-propos de Anne de Margerie « L’ETUDE objective du passe de l’Afrique a souffert de deux prejuges bien ancres. Le premier venait de la l’absence de sources de documents ecrits, sans lesquels il n’y avait pas d’etude possible. Le second, plus surnois, est venu de la colonisation et de l’esclavage. En opposant les « Blancs » aux « Noirs », ces derniers ont vite été assimiles a des hommes exploites, puis reduits a l’etat de sous-hommes. »[3]

Aussi, les présomptions d’identité ethnographique de l’Éthiopien dans Actes 8 considérées comme « marginalement significatives » ou « sans conséquence » pour la perspective théologique de Luc remonte, complètement, à un problème plus large et vivace dans la culture Europe occidentale, dans laquelle la signification et les contributions des groupes particuliers de personnes ont été historiquement marginalisées ou ignorées. Cette marginalisation idéologique, psycho-sociale et culturelle et l’« omission » continue de favoriser et, dans ce cas, sur le plan culturel ou ethnique prisme opaque proscrit à travers lequel le lecteur et interprète bibliques envisage et détermine les données qui sont « théologiquement significatives » dans un texte biblique.[4] Les Grecs et les Romains avaient beaucoup de connqissqnce sur les caractéristiques physiques des peuples qu’ils ont appelés les Éthiopiens. Leurs auteurs décrivent le type éthiopien en détail. Des mains de leurs artistes, nous avons reçu une preuve de plus en plus copieuse qui montre de façon vivante les caractéristiques raciales de plusieurs habitants ethiopiens qui vivaient dans le monde Greco-Romain. Par conséquent, il est surprenant qu’érudition moderne a pratiquement ignoré des connaissances anthropologiques grecque et romaine de l’Éthiopien.[5] C’est dans cette perspective que Lincoln soutient que l’allusion explicite à la promesse que l’evangile s’étendant a l’Afrique noire dans le Livre des Actes 8:26-40 ne doit pas être négligée. Par conséquent, soutient-il que,

Mais comme si pour souligner l’intention divine que l’Afrique noire (qui, la premiere toucha la destinée d’Israël lorsque Abraham est sorti de l’Ur et s’installa en Égypte et a continué à travers les siècles, par la suite) devrait être une héritiere directe et sans équivoque de cette promesse. C’est ainsi qu’après la Pentecôte, l’impératif divin est venu à l’évangéliste Philip, lui enjoignant vers un rendez-vous qui rendait inévitable l’inclusion des noirs africains parmi les membres de la Charte de la foi… un noble africain… a reçu le bonne nouvelle de ses lèvres et le baptême acceptée de sa main (Actes 8:26-39), deux choses qui symbolisent dès le début de l’implication africaine de la nouvelle foi qui devrait se répandre dans le monde entier.[6]

Ce décor étant planté, retenons un illustre homme, parlant de la fin de la traite des esclaves aux USA dit : « L’esclavage a été aboli il y a 150 ans ou plus selon votre état d’origine et son histoire.»[7] Cette vérité quoique vraie suscite ou exige d’autres vérités à savoir : les conséquences de l’esclavage sont-elles abolies ? Les blessures psychologiques et les désorganisations sociales entrainées ont-elles été discutées et réparées ? Car, ceux qui ont colonisés, bien que sur papier disent avoir rendus leurs esclaves et colonies libres, il est evident de noter que les forces paisibles d’un regret tacite de les avoir libérés existent. Souvent plusieurs gestes révèlent comme ci les colonisés ne sont pas décolonisés voire indépandancisés. Ces questions restent toujours pendantes dans tous les débats sur l’esclavage et il est difficile d’aller au-delà. Je m’arrête aussi ici. Notons tout de même que parmi ceux qui sont colonisés ou ont été colinés surtout dans le Tiers Monde, il y est des gens qui aiment la colonisation ou qui ne pensent pas qu’une fin/sortie soit possible. Ainsi, la colonisation devient un problème de mentalité. C’est ainsi que quelqu’un a dit « L’esclavage commence dans la tête des gens. Le stopper viendra aussi de là. »[8]La Bible nous relate un exemple bien clair, de celui des Israélites qui, toutes les fois qu’ils ont faim après leur sortie de l’Egypte, rêvent retourner dans l’esclavage. (Exode 16 :2-3 ; 17 :3) Lorsque la colonisation dure de trop, la pensée du colonisé finit par oublier,  préférer ou mieux mourir dans la colonisation pour des raisons que voici:

  1. Ils ne pensent pas qu’une sortie soit possible. La dureté et la longueur de la colonisation les désarme mentalement et ce totalement. Pour eux, la colonisation n’a pas de fin. Elle est devenue une fin en soi. Le diable leur fabrique une théologie qui dit « Ils sont nés dans la colonisation et mouront dans la colonisation parce que leurs pères et grands pères y sont déjà morts. Si vos prédécesseurs n’ont rien pu que croyez que vous pourez faire ? » La colonisation est ce qui vous prépare à ce que Dieu vous a réservés. (Exode 5 :19-21)
  2. Ils ne sont pas près à engager et à payer le prix qu’il faut. La liberté ne s’offre pas. Il faut des sacrifices
  3. Ceux qui ne pensent que ventre et prestige. A ceux-ci, lorsque leur nourriture est garantie et que leur pouvoir ne souffre d’aucune pression, ils se disent à quoi bon changer. Faudrait mieux garder le statu-quo. Ils se réjouissent de la colonisation car, c’est en cela qu’ils trouvent leur bien-être. Leur seule et unique excuse est : « c’est à cause de la colonisation. »
  4. Ceux qui ont une philosophie de survie au lieu celle de rechercher à vivre le plan que Dieu a établi pour eux pour une croissance et développement personnel, voire national. Il es vrai que la colonisation limite foncièrement mais la colonisation ne veut pas dire que l’on ne peut pas aspirer à devenir autre que soi, aspirer à devenir meilleur que ce que l’on est. Esclave à vie est une mentalité et non principe. Esclave à vie est un système et non la volonté de Dieu. « Nombres 11 :4)

Cela dit, toutes les fois que vous demandez à un occidental pourquoi selon lui, l’afrique est telle qu’elle est, parmi tant de réponses que vous aurez sans oublier des hésitations, le silence ou mieux on te demande « dis-le nous » et la prudence comédienne, vous retiendrez des éléments ci-après : l’afrique est ce qu’elle est parce que les africains manquent d’éducation, ils ne sont pas civilisés, il manque de démocratie….Toutes ces réponses sont-elles vraies ? Les hésitations et son silence veulent dire qu’on ignore ce que s’est, qu’on ne sait pas ou mieux on ne s’y connait pas. Cela voudra dire que l’histoire de l’Afrique a besoin d’être racontée encore et toujours. A ceux qui me demanderaient à quoi bon, je répondrais tout humblement en disant que tout américain ou européen qui se force d’oblitérer le passé du nouveau monde et de l’ancien, celui qui essaie de faire table rase de la relation des Amériques avec l’Afrique et de l’Europe avec l’Afrique commet un suicide historique, un crime intellectuel. Les Américains sommes fiers de leur histoire et proclament et clament qu’ils sont le produit de notre histoire. En conséquence, vider ou faire semblant que la composante africaine n’est pas ou n’est plus nécessaire serait de célébrer une victoire, un accomplissement unijambiste qui est une ingratitude à l’égard des amérindiens et une insulte aux esclaves. Malheuresuement, telle semble être la réalité et c’est ainsi qu’à commencer, dans le temps, la fausse définition de l’africain. Somme toute, toute initiative, tentative et d’approche de solution est entachée d’irrégularité. C’est ainsi que ceux qui ont détruit la montante civilisation africaine oublient que l’afrique a contribué à bien d’égards à ce qu’ils sont aujourd’hui. Ceux qui disent croire à la Bible et qui essaient par théories et idéologies de toiletter et nettoyer la relation de l’Afrique et le Dieu d’Abraham et son peuple Israël développe une amnésie spirituelle et une offense biblique. Je vois mal quelqu’un qui tient la Bible et ne respecte pas l’Afrique comme une composante majeure dans le plan de Dieu. Car, ne pas être éduqué ne veut pas dire ignorant. N’avoir pas été à l’école ne veut pas dire tête vide ou tête fêlée. Plusieurs oublient que pour des peuples oraux, « nos mémoires et souvennirs quoique décousus sont nos documents et nos soft copies…L’oralité est un style d’apprentissage qui ne doit pas être dévalorisé…la plus part de nos philosophies, sciences et connaissances sont non écrits mais cela ne veut pas  dire que nous sommes ignorants. »[9] La nature a toujours produit des érudits naturels, dirait quelqu’un. C’est une affaire à suivre puisque justement « ceux qui nous insultent de paresseux dans nos pays d’origine, s’étonnent que nous constituons la force productrice des pays riches » dirait Michael Bonnel.

A ceux qui disent que l’Afrique est ce qu’elle est parce que les africains ne sont pas éduqués, ils ont bien raison mais oublient que l’illettrisme ne rime pas avec ignorance. Dr. William Addai, de Center for African Leadership Studies dit : « Alors que les Anglais valorisent le mot imprimé, historiquement, nous avions valorisé le mot parlé. D’une manière générale, nous obtenons et retenons l’information à travers l’écoute». Soyons informés que « de jeunes Kongolais partirent même faire leurs études en Europe et, en 1513, un des fils du roi de l’époque prononça un discours en latin devant le pape…. Quant au royaume du Bénin, La culture organisée de l’igname depuis 6500 ans semble avoir favorisé cette forte densité de population. C’est dans le petit village de Nol, sur le plateau central, qu’on a trouvé de superbes têtes de terre cuite datant de 500 ans avant notre ère ainsi que des vestiges du travail du fer »[10]. Ceux qui ne rêvent que de technologie confondent progrès matériel et personnalité. La technologie nous donne ce que nous voulons mais ne nous enseigne pas qui nous voulons être ou qui nous devrons être, cad cette personne morale. Nous sommes tous d’accord que le progrès technologique n’a contribué en rien au bien-être moral de nos peuples, au contraire la course après le mal et mieux la légitimation du mal. Qu’est-ce que l’Afrique a à regretter ? Le retard sur les besoins fondamentaux et vitaux que la technologie utile donne et assure. L’autre aspect de la technologie n’est que démesure. Pour ceux qui disent que l’Afrique est ce qu’elle est parce qu’elle ne veut pas de démocratie ont peut-être raison mais oublient qu’il existe de bons élèves de démocratie sur le continent. Il faut fouiller le passé africain pour s’étonner que la démocratie existait bel et bien en Afrique antique. C’est ce que nous appelons l’Arbre à Palabres où personne n’avait le droit de décider sans le peuple. C’est le contact avec l’occident et l’ambigüité d’une politique dont on ne connait pas bien la visée qui a rendue l’Afrique exsangue sur le plan politique, partagée entre le leadership traditionnel et la politique moderne dont ils ne voient en rien, la modernité avec tout son panoplie de guerres et de morts. Le tort donné aux royaumes expansionnistes qui existaient, à mon humble avis, n’est pas fondé car, les démocraties actuelles font des annexions sous d’autres formes. Ainsi, puis-je dire que si l’existence des gays et des cartels de drogues ne remettent pas en cause la fiabilité de la démocratie occidentale, on peut soutenir que l’existence des guerres féodales en Afrique historique n’annulent en rien les caractéristiques des empires et royaumes bien dirigés et organisationnellement bien structurés.

Anver Versi, dans son article Out of Africa, célèbre les Cinq Grandes Commodités de l’Afrique. Les diamants le splus fabuleux du monde viennent de l’Afrique. Le plus gros diamant de qualité gem jamais découverte fut de 3106, 75 carats appelé Cullinan Diamond dans la Premier Mine à Prétoria en 1905. Ce gem fut fragmenté en Neuf pierres principales à savoir Great Star of Africa (530,4 carats), le Lesser Star of Africa (317, 4 carats) toutes deux dorment dans la Crown Jewels au Royaume Uni. Toujours de cette Premier Mine, le De Beers Centenary Diamond de 273, 85 carats qui teint la chandelle du diamond le plus colorié, sans faille aucune à l’intérieur comme à l’extérieur, fut estimé à une valeur de 100 Millions de dollars US. » [11]Selon elle, « la moitié du diamond mondial vient de l’Afrique australe et centrale. »[12] Nous n’allons pas passer sous silence le thé, l’or, le cacao et les fleurs qui viennent de l’Afrique. « Le kenya est le 5e producteur de fleurs dans le monde. »[13] Curieusement, lorsque vous posez la même question à un africain, sans cligner ses yeux, il vous dit avec toute la colère de quelqu’un qui se cherche et est défini par l’extérieur en vous disant « l’afrique est ce que’elle est à cause de la colonisation. » Oui, c’est vrai ! Et alors ? Colonisation et quoi donc ? Colonisation veut-elle dire destin ? Ces questions sont trop énervantes pour un colonisé. Donc, allons pas-à-pas.Pour moi, la colonisation n’est qu’une théorie politico-économique appliquée avec la méchanceté d’un démon déchainé de l’enfer. La colonisation avec pour corollaire l’impérialisme. Oui, la colonisation ! Elle a fait et continue de faire, dans sa nouvelle donne, le néo-colonialisme, assez de torts et de morts à l’Afrique.  


[1] Jacques Kerchache, Jean –Louis Paudrat, Lucien Stephan(1988), L’Art Africain. Paris, Citadelles & Mazenod. P. 61.

[2] Ibid, p. 31

[3] Ibid, Avant-Propos de l’Editeur

[4] Martin:A Chamberlain’s Journey. P. 121

[5] Ibid, p. 122

[6] Lincoln, CE. 1984 Race, Religion, and the Continuing American Dilemma. New York: Hill and Wang.

[7] Tabletalk, Mars 2011, p.53

[8] Miriam Adeney, Kingdom Beyond Borders, (IVP Books, 2009), p.196

[9] Miriam Adeney, Kingdom Beyond Borders, (IVP Books, 2009), p. 248

[10] http://planetejeanjaures.free.fr/geo/kongo_royaume.htm

[11] Business Exports, Edition 73, Novemember 2010-january 2011, p. 91-92

[12] Ibid, p.92

[13] Ibid, p.100